La réforme du Master ? Une bonne nouvelle pour les étudiants chinois !

 
Les étudiants chinois sont les gagnants sur la nouvelle réforme du Master.

Le 23 décembre dernier a été promulguée la loi n° 2016-1828 portant adaptation du deuxième cycle de l'enseignement supérieur français au système Licence-Master-Doctorat. 

Qu’est-ce que cela change pour les étudiants étrangers en générale et les étudiants chinois en particulier ?

Pour répondre, il convient de revenir sur ce qu’était la situation antérieure.

Dans la cadre du « processus de Bologne » ayant pour but de rapprocher les systèmes d’enseignement supérieurs européens avec pour finalité de créer un espace européen de l’enseignement supérieur, la France a, entre 2002 et 2007, mis en place la réforme LMD. Cela a permis d’uniformiser les diplômes européens autour de trois niveaux :

-          BAC +3 : Licence ;

-          Bac +5 Master ;

-          Bac +8 : Doctorat.

Toutefois, certains Masters et certaines universités, influencées par le fonctionnement qui avait prévalu jusqu’à la réforme et qui organisait une séparation entre la « maitrise » et le « DESS/DEA », organisaient une sélection entre M1 et M2.

Cela signifiait qu’un étudiants étranger inscrit en M1 n’avait pas la garantie de pouvoir poursuivre ces études jusqu’à l’obtention de son diplôme de Master.

Or, en février 2016, le Conseil d’Etat a jugé que cette pratique n’était pas conforme aux textes et à l’esprit de la réforme LMD.

C’est la raison pour laquelle une concertation a été engagée entre les différents acteurs universitaires français (pouvoirs publics, Conférence des présidents d’universités, syndicats d’étudiants et d’enseignants …) aboutissant au vote de la loi du 23 décembre.

Que prévoit ce texte ?

Il permet aux universités qui le souhaitent de conditionner l’admission en première année de deuxième cycle (master 1) à l’examen d’un dossier de candidature et à une épreuve spécifique ou un entretien. Afin de faciliter les démarches des étudiants, un site internet www.trouvermonmaster.gouv.fr sera opérationnel d’ici quelques semaines. Il précisera quels  masters sont compatibles avec quelles licences et les prérequis exigés à l'entrée de chaque master. Il recensera également de manière exhaustive toute l'offre de formations au niveau master et permettra aux candidats de déposer en ligne "la partie commune aux dossiers de candidature" (CV, notes de licence...) et, surtout, de "suivre ces candidatures".

Une fois admis en M1, les étudiants auront la garantie de pouvoir poursuivre en M2 sans nouvelle sélection. [1]

La contrepartie de cette sélection en M1 est que les étudiants, français ou étrangers, titulaires d’un diplôme national de licence qui ne seront pas admis en première année dans la formation de deuxième cycle de leur choix se verront proposer par le Rectorat, s’ils en font la demande, une formation de deuxième cycle tenant compte de leur projet professionnel et de l’établissement dans lequel ils ont obtenu leur licence.

Au total, les étudiants chinois sont donc gagnants sur cette réforme puisque, à une sélection réelle entre M1 et M2 qui pouvait mettre de côté des étudiants, elle substitue un dispositif de sélection / orientation garantissant un droit à la poursuite des études des étudiants, qu’ils soient chinois comme étrangers puisque l’égalité de droits des étudiants français et étrangers est un principe fondamental de l’enseignement supérieur français.

 


[1] De manière transitoire, un décret à venir devrait prévoir des exceptions dans trois matières dans lesquelles l’accès à certains emplois est possible dès la fin dès l’obtention du M1 : droit, psychologie et MEEF (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la Formation).